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    Le tens : l'outil méconnu pour accompagner les contractions

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  • Le tens : l'outil méconnu pour accompagner les contractions
  • 10 août 2026 par
    Rodrigues Pauline

    Il y a un outil que j'ai découvert il n'y a pas si longtemps grâce à mon endométriose (il fallait bien trouver au moins un avantage à cette maladie !) : le TENS.

    Et j'ai découvert par la même occasion qu'il était très utilisé par nos voisins anglo-saxons pendant le travail et l'accouchement. En France, j'ai l'impression qu'il reste pourtant assez méconnu des futures mamans, alors qu'il peut être un outil vraiment intéressant pour accompagner les contractions, notamment lorsqu'on souhaite un accouchement physiologique ou que l'on aimerait essayer de faire sans péridurale.

    Depuis que je l'utilise dans mes accompagnements de naissance à Albi, j'ai d'ailleurs eu de très bons retours. Les femmes à qui je le prête l'utilisent souvent pendant plusieurs heures. Et ça, je trouve que c'est intéressant, parce que les recommandations parlent souvent du TENS comme d'un outil particulièrement adapté au « début du travail ». Mais qu'est-ce que ça veut dire exactement, « début du travail » ? J'y reviendrai un peu plus loin.

    le tens, c'est quoi ?

    TENS signifie Transcutaneous Electrical Nerve Stimulation, soit neurostimulation électrique transcutanée. Derrière ce nom un peu barbare se cache en réalité un petit boîtier qui envoie de faibles impulsions électriques à travers des électrodes placées sur la peau.

    Concrètement, on ressent des fourmillements, des vibrations ou des petites pulsations. L'intensité est réglable et c'est toi qui la contrôles.

    Le TENS est utilisé pour différentes douleurs, notamment certaines douleurs chroniques, les douleurs menstruelles ou encore les douleurs du travail. Son fonctionnement exact n'est pas complètement compris, mais l'une des hypothèses est que la stimulation électrique modifie la transmission des messages douloureux vers le cerveau. Il pourrait également favoriser la libération d'endorphines, les antalgiques naturels produits par notre organisme. (Cochrane)

    Le TENS ne va donc pas empêcher ton utérus de se contracter et il ne va pas « couper » la douleur comme peut le faire une péridurale. L'idée est plutôt de modifier la façon dont tu perçois les sensations liées aux contractions.

    Et c'est justement ce qui m'intéresse avec cet outil.

    Comment utiliser le tens pendant les contractions ?

    Les électrodes se placent généralement dans le bas du dos, autour de la zone où les sensations sont les plus présentes. Il existe des schémas de placement avec les appareils, mais dans la pratique, je trouve intéressant de laisser aussi une place au ressenti : ce n'est pas parce que le petit dessin de la notice indique un endroit précis que c'est forcément là que tu auras envie de mettre tes électrodes.

    Une fois les électrodes installées, tu augmentes progressivement l'intensité jusqu'à obtenir une stimulation forte mais confortable. Certains appareils disposent également d'un bouton « boost » qui permet d'augmenter rapidement l'intensité pendant une contraction.

    Le fonctionnement est assez intuitif : tu montes à intensité et tu appuies sur pause lorsque la contraction est partie. Puis tu rappuies sur pause quand la contraction revient. Tu gardes complètement la main sur ton appareil.

    Et surtout, tu peux continuer à bouger. C'est pour moi l'un des grands intérêts du TENS pour le travail : tu peux marcher, changer de position, t'installer sur un ballon, t'appuyer sur ton partenaire, faire des mouvements de bassin… sans avoir besoin de rester branchée à quelque chose. Les appareils portatifs sont d'ailleurs particulièrement intéressants pour cette raison. (NHS)

    Si tu souhaites l'utiliser pour ton accouchement, je conseille vraiment de le tester pendant la grossesse. Pas pour « t'entraîner » aux contractions (heureusement 😅), mais simplement pour connaître la sensation, savoir placer les électrodes et être à l'aise avec les réglages. Le jour où tu es en plein travail, tu n'auras probablement pas envie de lire la notice pour comprendre à quoi sert le bouton boost.

    À quel moment utiliser le tens ?

    C'est là que je trouve qu'il faut se méfier un peu des frises toutes faites.

    On lit souvent que le TENS est particulièrement intéressant au début du travail, notamment pendant la phase de latence. Et oui, c'est probablement là qu'il est le plus intéressant pour beaucoup de femmes. Le NHS le présente notamment comme une option de soulagement pendant les premières phases du travail, en particulier lorsque les douleurs sont ressenties dans le dos. (NHS)

    Mais « début du travail » ne veut pas dire « jusqu'à 3 cm », puis soudain le TENS ne fonctionne plus.

    En physiologie, on sait bien que les femmes ne dilatent pas toutes au même rythme et qu'on ne peut pas réduire le travail à une jolie frise avec une case « phase de latence », une case « phase active » et un chiffre de dilatation correspondant à chaque étape. Certaines femmes vont rester longtemps en phase de latence avec des contractions qui demandent déjà beaucoup d'énergie, tandis que d'autres vont dilater rapidement. Une femme peut aussi être à 3 cm et vivre encore très tranquillement son début de travail, tandis qu'une autre peut être à 3 cm et être déjà très engagée dans son travail.

    C'est exactement pour cela que je préfère parler de ressenti et de besoin, plutôt que de centimètres.

    Et d'ailleurs, dans les témoignages de femmes anglophones qui utilisent le TENS pendant leur accouchement, on retrouve régulièrement cette utilisation pendant plusieurs heures de travail, parfois jusqu'à une dilatation déjà bien avancée.

    Le TENS peut donc être un outil de début de travail, sans pour autant avoir besoin de disparaître dès que le col atteint un chiffre précis.

    tens et accouchement sans péridurale : pourquoi je le trouve intéressant

    Si tu souhaites essayer d'accoucher sans péridurale, l'objectif n'est pas de trouver l'outil magique qui va supprimer la douleur. Je trouve au contraire beaucoup plus intéressant de construire une vraie boîte à outils et de savoir que tu peux passer de l'un à l'autre en fonction de ce que tu ressens.

    Le TENS peut justement trouver sa place là-dedans.

    Tu peux commencer avec lui à la maison, tout en continuant à bouger. Tu peux y associer une bouillotte, des massages, des changements de position, un ballon, le soutien de ton partenaire, la respiration ou les vocalises… et voir ce qui fonctionne pour toi à ce moment-là.

    Et si, à un moment donné, tu n'en veux plus, tu l'enlèves.

    C'est aussi ce que j'aime dans les outils non médicamenteux : ils ne t'engagent à rien. Tu peux les essayer, les garder ou les abandonner.

    Et surtout, utiliser un TENS ne signifie pas que tu dois absolument accoucher sans péridurale. Tu peux très bien commencer ton travail avec ton TENS et changer complètement de stratégie quelques heures plus tard. Préparer un accouchement physiologique, ce n'est pas se faire la promesse de ne jamais changer d'avis. C'est plutôt connaître ses possibilités pour pouvoir faire des choix éclairés le moment venu.

    Est-ce que le tens est vraiment efficace contre les contractions ?

    Je préfère être honnête sur ce point : les études scientifiques sont moins enthousiastes que les témoignages que j'entends dans mes accompagnements.

    Une revue Cochrane portant sur 17 études et 1 466 femmes n'a pas retrouvé de différence importante et constante concernant l'intensité de la douleur entre les femmes utilisant un TENS et les groupes de comparaison. Les auteurs concluent donc qu'on ne peut pas affirmer avec certitude que le TENS diminue la douleur du travail. (Cochrane)

    Mais ça ne signifie pas pour autant qu'il ne sert à rien.

    Déjà parce qu'une femme ne vit pas uniquement son accouchement à travers un score de douleur. Il y a aussi le sentiment de contrôle, la possibilité d'agir soi-même, de rester mobile, de se concentrer sur quelque chose lorsque la contraction arrive.

    Et puis il y a une chose que je constate directement : les femmes à qui je prête mon TENS ont souvent envie de le garder. Certaines le gardent plusieurs heures, et certaines arrivent à 5 ou 6 cm en l'ayant toujours avec elles.

    Ce sont évidemment des expériences individuelles et pas des données scientifiques. Mais je trouve qu'elles méritent aussi d'être entendues.

    Parce qu'au fond, la question que se pose une future maman n'est pas forcément : « Est-ce que le TENS fait baisser mon score de douleur de 2 points ? »

    C'est plutôt : « Est-ce que ça peut m'aider à traverser mes contractions ? »

    Et là, la réponse est clairement : ça vaut le coup d'essayer.

    Comment je l'utilise en tant que doula à Albi ?

    Dans mes accompagnements de naissance à Albi, je prête mon TENS aux femmes qui souhaitent l'utiliser pendant leur travail après accord de leur soignant. Je leur explique comment il fonctionne, comment placer les électrodes et les principales règles de sécurité.

    Le mien est sans fil, ce qui permet de le porter facilement et de continuer à se déplacer pendant le travail. Il possède deux électrodes, donc il ne couvre évidemment pas tout le dos, mais cela permet déjà de cibler une zone douloureuse.

    Et j'aime particulièrement le fait que la femme puisse rapidement se l'approprier. Je ne suis pas là pour appuyer sur les boutons à sa place pendant chaque contraction : je lui montre comment ça fonctionne, puis c'est son outil.

    Certaines femmes l'utilisent pendant la phase de latence et le début de la phase active, d'autres le gardent plus longtemps. Il n'y a pas de règle absolue.

    C'est d'ailleurs assez représentatif de ma façon d'accompagner les femmes : je ne cherche pas à leur donner une méthode à appliquer parfaitement le jour J. Je préfère leur transmettre des connaissances et des outils pour qu'elles puissent ensuite faire leurs propres choix.

    Faut-il acheter un tens spécial accouchement ?

    Il existe aujourd'hui beaucoup de TENS présentés comme « spécial naissance », « spécial travail » ou « spécial maternité ».

    Personnellement, je ne pense pas qu'il faille absolument acheter un appareil parce qu'il porte cette étiquette. Ce qui m'intéresse davantage, ce sont ses fonctionnalités : une intensité réglable, un bouton boost facilement accessible, des électrodes adaptées et, si possible, un appareil qui permette de rester mobile.

    Il existe des appareils filaires et des modèles sans fil, et certains peuvent être loués plutôt qu'achetés.

    Si tu souhaites en acheter un pour ton accouchement, vérifie surtout qu'il est adapté à l'utilisation pendant la grossesse et respecte les indications et précautions du fabricant. Et si tu as le moindre doute, demande conseil à ta sage-femme ou à ton médecin.

    Les précautions à connaître

    Comme tout appareil médical, le TENS n'est pas à utiliser n'importe comment.

    Les précautions peuvent varier selon les appareils, donc la première chose à faire est de lire la notice de ton modèle. Certaines situations nécessitent notamment un avis médical, par exemple en présence d'un pacemaker ou de certaines formes d'épilepsie. Le TENS ne doit pas non plus être utilisé dans l'eau. (NHS)

    Et si tu envisages de l'utiliser pendant ton accouchement, teste-le avant le jour J. Tu connaîtras ainsi la sensation et tu sauras comment l'utiliser sans avoir à tout découvrir au moment où tu es en plein travail.

    Alors, est-ce que je recommande le TENS pour un accouchement physiologique ?

    Oui.

    Pas parce que je pense que le TENS va faire disparaître les contractions. Et pas non plus parce qu'il fonctionnerait de la même façon pour toutes les femmes.

    Je l'aime parce que c'est un outil simple, non médicamenteux, autonome et compatible avec le mouvement. Il peut être utilisé pendant plusieurs heures et combiné avec tout un tas d'autres moyens de soulager les contractions.

    Surtout, il te laisse actrice : tu règles l'intensité, tu décides quand l'utiliser, quand l'arrêter et quand passer à autre chose.

    Pour moi, c'est exactement ce qu'on recherche dans une préparation à un accouchement physiologique : pas une liste de choses que tu devras absolument faire le jour J, mais une connaissance suffisamment solide de ton corps et des possibilités qui existent pour pouvoir t'adapter à ton travail.

    Le TENS est un outil parmi d'autres. Mais c'est un outil que je trouve encore beaucoup trop méconnu en France.

    Et si tu es enceinte à Albi ou dans le Tarn et que tu souhaites préparer un accouchement physiologique, c'est justement ce que je propose dans mes accompagnements : comprendre la physiologie du travail, découvrir les différents outils qui peuvent t'aider à accompagner les contractions et surtout comprendre pourquoi tu les utilises, afin de pouvoir faire tes propres choix le jour J.

    Parce que pour moi, se préparer à accoucher, ce n'est pas apprendre à « gérer la douleur ». C'est comprendre ce qui se passe, savoir ce qui existe et se sentir capable de choisir.

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    Positive au strepto B et accouchement physiologique
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